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Catalogue de la bibliothèque de l'Abbaye de Saint-Victor au seizième siècle / rédigé par François Rabelais ; commenté par le bibliophile Jacob [i.e. Paul Lecroix] ; suivi d'un Essai sur les bibliothèques imaginaires par Gustave Brunet
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DK LA BIBLIOTHÈQUE DE SAINT-VICTOR. 199

de l’italien batuffolo ; c’est une toupie, du langue-docien bouclufo; c’est une vessie, un boyau, parcorruption du mot baudruche. La définition de cedernier mot, dans le Dictionnaire de l’Académie,nous paraît mériter d’être placée ici : « Pellicule deboyau de bœuf, qui sert principalement aux batteursd’or pour réduire l’or en feuilles, en le battant entredeux peaux de cette espèce. » Autrefois, la bau-druche,, du bas latin baudrea , servait au mêmeusage et se prononçait baudruffe , bauduche etbauduffe , comme il est écrit, dans le chap. 13 dulivre I, parmi tous les essais du petit Gargantuapour l’invention d’un torche-cul.

On voit déjà comment Rabelais a pu imaginer laBauduffe des Thesauriers , en pensant à la manièredont on bat l’or pour le réduire à la plus minceépaisseur. Du temps de Rabelais, les trésoriers deFrance, surtout ceux de l’épargne, ne délivraientpas volontiers les deniers dont ils avaient la garde,mais ils se montraient en revanche très-ardents àbattre monnaie au nom du roi. Clément Marotadressait une épître au chancelier Duprat, « pour seplaindre du trésorier Prud’homme faisant difficultéd’obéir à l’acquit despeché. «Puis, il venait solliciteren vers ce trésorier lui-même, qui se faisait tirerl’oreille pour acquitter la pension du poète :

Va tost, dixain, solliciter la somme :

J’en ay besoin : pourquoy crains et t’amuses?

Tu as affaire, à un deux fois Preud’homme,

Grand amateur d’Apollo et des Muses.

Le poète Guillaume Crétin n’avait pas réussi à se