DE LA BIBLIOTHÈQUE DE SAINT-VICTOR. 201
Guillaume de Saône, trésorier de Notre-Dame deRouen. Il n’admettait plus alors que six grandsboursiers, qui recevaient chacun dix sols tournoispar semaine.
Enfin, suivant ses habitudes, Rabelais a peut-êtrejoué sur les mots en faisant allusion à cet ouvrageclassique de Jean Magdaliu Gaudensis, théologiende Cologne, qui a publié des vers latins et un Cor-rectoriuni Bibliæ :
« Erarium aureum poetarum, omnibus latinæ lin-guæ cujuscunque etiam facultatis fuerint professo-ribus accomodum : imrno et omnium poetarum sineipsis commentariis elucidatum. Denuo accurate revi-sit Hermanus Ruschius Monasteriensis. Colonise ,Henr. Quentell, 1502, in-4. »
Dans le cliap. 38, liv. III, Rabelais raconte queles généraux des finances, qui n’étaient autres queles trésoriers de France, furent surpris un jour, àMontpellier, jouant à la mousclw et se daubant àqui mieux mieux dans leur salle de réunion, au lieude s’occuper des affaires bursales. Ces honnêtes gensn’avaient pas d’affaire plus sérieuse que celle de fairefortune et de battre monnaie «à leur profit. On pour-rait donc encore supposer que Rabelais a pensé àeux en rencontrant sous sa main à la bibliothèquede Saint-Victor :
« Le premier volume de la Thoison d’Or, com-posé par reverend pere en Dieu Guillaume, jadisevesque de Tournay, abbé de Sainct-Rertin et chan-celier de la Thoison d’Or du bon duc Philippe debourgogne. Paris , François Régnault , 1516,
2tom. en 1 vol. in-fol. goth. »