DE LA BIBLIOTHÈQUE DE SAINT-VICTOR. 209
iNous supposons que cette nicquenocque n’est autreque la sacrëe virginité des nonnains, qui recevaientla nuit des frères quêteurs et qui les hébergeaientde leur mieux, en l’honneur du froc et de labesace.
Voici l’explication de Le Duchat : « On appellenicquenocque àLoudun une chiquenaude, et livre I,ch. 22, la nicquenocque , qui est un des jeux deGargantua, semble en effet devoir s’entendre deschiquenaudes que les enfants se donnent par ma-nière de jeu. Mais ici la Nicquenocque des Ques-teurs semble désigner ces petits questeurs voûtez ,qui se nichent de nuit dans les maisons des particu-liers pour y faire la besogne du maître du logis. Al’égard de Serratis, le nom de ce frère quêteur esttait de serrer , et il désigne l’inclination d’un moinequêteur à bien serrer ce qu’on lui donne. Enfin,pour ce qui est de cababesacee , ce mot, qui est unadjectif formé de cabas et de besace , donne à en-tendre qu’un quêteur a coutume de mettre dans sabesace une partie seulement de ce qu’il attrape,mais que certain panier ou cabas qu’il y ren-ferme sert à mettre à part les miches entières de laquête. »
Les conteurs du seizième siècle ne tarissent passur les histoires des frères quêteurs dans les cou-vents de femmes, et Rabelais a sacrifié aussi au goûtdu temps en narrant l’histoire de sœur Fessue et defrère Roidymet. Voy. ch. 19 du troisième livre.Voy. aussi dans les Colloques d’Erasme celui queClément Marot a traduit en vers sous le titre deColloque de la Cierge mesprisant mariage.
14