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Catalogue de la bibliothèque de l'Abbaye de Saint-Victor au seizième siècle / rédigé par François Rabelais ; commenté par le bibliophile Jacob [i.e. Paul Lecroix] ; suivi d'un Essai sur les bibliothèques imaginaires par Gustave Brunet
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DE LA BIBLIOTHÈQUE UE SAINT-VICTOR. 225

le même à qui la Bibliotheca universalis de Gesnerattribue un ouvrage de dialectique imprimé avec lenom de saint Thomas d’Aquin : Sumrna LogicæAristotelis. Celui-ci est connu sous le nom de Tho-mas Anglicus ou de Hervæus Brito, tandis que lepremier se nommait Hervæus de Cauda ou de LaQueue; l’un était de l’ordre des Frères-Prêcheurs, etl’autre, de l’ordre de Saint-Augustin.

Or, dans Rabelais, mouschet signifie une queued’animal, spécialement de renard, comme au ch. 1 5du livre II, où se trouve la fameuse histoire tirée duprétendu traité de Frater Lubinus : De compota-tionibus Mendicantiu/n. Une vieille sempiterneuseest tombée de peur, en apercevant un lion, qui se sentému de pitié à l’aspect d’une plaie énorme qu’il soup-çonne assez ancienne, mais qu’il voudrait préserverdes mouches; il appelle à son aide un renard qui passait par là : « Esmouche là bien fort, je t’en prie, etdedans, et dehors, lui dit cet honnête lion; tu asbonne queue et longue, esmouche, mon amy!...esmouche fort et ne t’ennuye point. Ung bon es-moucheteur, qui en esmouchetant continuellementesmouche de son mouschet , par mousches jamaisemmousché ne sera. »

La conclusion que Rabelais tire de ce bel exem-ple, c’est que les murailles de Paris étant bâties avecles matériaux que propose Panurge, « fauldroit gar-der ces murailles des mousches et mettre esinou-cheteurs à gages. » Cet apologue renferme-t-il unsens qui se cache sous des équivoques grossières etmédiocrement plaisantes ? Serait-ce simplement unconte tel que les moines en faisaient à table ?