DE LA BIBLIOTHÈQUE DE SAINT-VICTOR. 233
théologie avec beaucoup d’éclat à Paris ; son énormecommentaire de la Bible ( Postillæ perpetuæ in V.et N. Testamentum ), réimprimé plusieurs fois, sousdifférents titres, dès les premiers temps de l’impri-merie (la plus ancienne édition est celle de Rome,Conrad. Sweinlieym et Arn. Pannartz, 1471,5 vol.in-fol.), figurait naturellement dans toute biblio-thèque monastique; mais Rabelais a eu surtout envue un autre ouvrage de ce théologien mystique,ouvrage moins volumineux réimprimé aussi six ouhuit fois, à la fin du quinzième siècle :
« Nicolai de Lyra, mystica seu moralis expositiosacri canonis Bibliæ, seu postillæ morales seu mys-ticæ super omnes libros sacræ Scripturæ, etc. Lu-beck , Joh. Koelhof, 1478, in-fol. goth. »
Cet ouvrage est intitulé Moralia et même Mora-lisationes, dans les manuscrits et dans d’autres édi-tions. C’est donc Nicolas de Lyra que Rabelais adésigné, par un jeu de mots, sous le nom de Liri-pipii sorbonnici, qui signifie, à proprement parler,un liripipion, chaperon ou aumusse de docteur enSorbonne. Quant à Paul de Santa Maria, qui senommait Lupoldus et qui avait été juif avant dedevenir évêque, il composa, au quatorzième siècle,plusieurs gros livres d’élucubrations sur les Ecri-tures, lesquels furent imprimés pour faire suite auxPostillæ ou Mor alisationes de Nicolas de Lyra. Ra-belais semble donc avoir eu sous les yeux le volumesuivant :
« Dialogus qui vocatur Scrutinium Scripturarum,per rev. patrem dominum Paulum de Sancta Maria,quem composuit post additiones positas ad Postil-