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Catalogue de la bibliothèque de l'Abbaye de Saint-Victor au seizième siècle / rédigé par François Rabelais ; commenté par le bibliophile Jacob [i.e. Paul Lecroix] ; suivi d'un Essai sur les bibliothèques imaginaires par Gustave Brunet
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notes sur ce passage, cîit que le lutin est un espritfollet qui se plaît à lutter avec les hommes pour leurfaire peur. Les rabats sont des esprits qui annon-cent leur présence par des bruits mystérieux etinexplicables. Ménage rapporte, à ce sujet, dans sonDictionnaire étymologique , une singulière anec-dote : « Les cordeliers d’Amboise avaient autrefoiscoutume, vers la fin du carême, de disposer unegrande quantité de petits cailloux sur plusieurs ais,au-dessus du lambris de bois dont leur église estvoûtée, et le mercredi saint, aussitôt que le diacreavoit prononcé, en chantant la Passion, les parolesauxquelles chacun se prosterne, quelques novices, quiavoient ordre de se tenir pour cet effet au-dessus de lavoûte, renversoient chacun successivement cesais-là,et ainsi les petits cailloux, venant à rouler du haut enbas et de chaque côté du lambris, faisoientun grandbruit, et cela s’appeloit le Rabast des Cordeliers. »Éloy Johanneau suppose que la Mommerie desRabatz et Lutins pourrait bien faire allusion à Y his-toire des farfadets d’Orléans, que Rabelais a déjàrappelée dans un titre de livre (voy. plus haut,p. 19 i). Théodore de Reze ( Hist. eccle's. des églisesréformées , t. I, p. 17) raconte cette histoire, oùl’on voit un jeune novice, caché sur la voûte de l’é-glise des Cordeliers d’Orléans, faire un grand tinta-marre , en demandant des prières au nom de la femmedu prévôt d’Orléans, décédée depuis peu et enterréedans cette église. Henri Estienne, dans son Apologiepour Hérodote (chap. 38), assure qu’un fait analogues’était passé peu de temps auparavant chez les cor-eliers d’Evreux, qui avaient aussi forgé un esprit.