DE LA BIBLIOTHÈQUE DE SAINT-VICTOR. 247
pousser l’équivoque aussi loin que possible, en lais-sant entendre que le mot bobelins pouvait être làle synonyme de testicules; en tous cas, comme il étaitquestion des dames, il s’est souvenu que son voca-bulaire avait enregistré le verbe bobeliner, dans lasens de far l’atlo.
118. La Mommerie des Rabatz et Lutins.
Ce titre paraît se rapporter au livre célèbre d’É-loy d’Amerval, écrit en vers sous la forme d’un dia-logue entre Satan et Lucifer. Voici le titre détailléd’une édition de cet ouvrage de théologie morale :
« La grant Diablerie, qui traicte comment Sathanfaict demonstrance à son maistre Lucifer de tous lesmaulx que les povres mondains font selon leurs es-tatz, vocations, mestiers etmarchandises, et commentil les livre à dampnation par infinies cautelles. Pa-ris, Alain Lotrian, sans date(vers 1530), in-4 goth.»
La bibliothèque de Saint-Victor possédait certai-nement une édition du Livre de diablerie; en touscas, elle en avait un manuscrit, et Rabelais, qui nedevait pas éprouver beaucoup de sympathie pourles momrneries ou cautelles des rabats et lutins,n’a pas manqué de placer dans son catalogue cet in-digeste amas de vers sentencieux débités par Satanet Lucifer pour l’édification des âmes pieuses.
Dans le cliap. 36 du Gargantua, Rabelais nousmontre Gymnaste jouant le possédé devant les sol-dats de Picrochole, qui s’écriaient : « Par lamerdé!c’est un lutin ou un diable desguisé ; ab hoste rna/i-gno libéra nos, Domine! » Le Duchat, dans ses