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ESSAI
l’antiquité, ni au moyen âge 1 . Le joyeux curé deMeudon dressa le catalogue de la bibliothèque deSaint-Victor, et trouva ainsi une voie nouvelle pourverser les flots de sa verve moqueuse sur les moines,sur les théologiens, sur les cagots et les caphnrdsqu’il détestait.
On sait quelle vogue obtint l’œuvre pantagrué-lique de Rabelais ; plus de trente éditions partiellesou complètes se produisirent dans le seizième siècle,et on ne manquera pas de regarder ce chiffre commeénorme, si l’on pense qu’à cette époque il n’existaitni journaux, ni revues, ni annonces, et que la diffi-culté et la lenteur des communications opposaient àla vente des livres des difficultés dont nos ancêtresne triomphaient que parce qu’ils étaient sans douteplus studieux que nous.
Nous avons pensé faire chose agréable aux bi-bliophiles en réunissant diverses indications rela-tives aux livres imaginaires et aux bibliothèquessupposées; nous nous empressons de convenir quenous avons trouvé à cet égard des données fortutiles dans les recherches que MM. Jannet (sous lenom d’Haensel) et Edouard Fournier ont consi-
1. Une farce joyeuse , celle du Vendeur de livres , insérée dans leRecueil de farces et moralités (Techener, 1831, 4 vol. in-8), et com-posée peut-être avant que Rabelais n’écrivît Gargantua , mentionnedivers livres de haulte gresse qui sont pour la plupart inconnus,mais qu’il y aurait témérité à classer parmi les livres imaginaires.On peut très-bien croire qu’ils ont existé, mais qu’ils sont perduscomme bien d’autres que d’anciens bibliographes ont cités. Telleest du moins l’opinion de M. Francisque Michel, un des éditeursdu Recueil en question.