ESSAI
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« Calcul de la quantité de boue dont on peut êtrecouvert sans que cela paraisse.
« De la nécessité de faire un peu de bien pouracquérir le droit de faire impunément beaucoupde mal. »
DIX-NEUVIÈME SIÈCLE.
Un pauvre figurant du Vaudeville, qui, poussé sansdoute par la misère, mit en 1806 fin à ses jours parun suicide et dont le nom est resté cher aux biblio-philes, grâce aux réimpressions qu’il a données dedivers ouvrages facétieux, Caron, enfin, puisqu’ilfaut le nommer, mit au jour un opuscule intitulé :le Norac Oniana , contenant les douze mouchoirs , oule Portefeuille de cabinet , ou tout ce que cous vou-drez, par qui bon vous semblera. L’auteur de cetana y a inséré un catalogue des livres rares et cu-rieux qu'il possède \ inventaire médiocrement pi-quant, ainsi que le démontre l’extrait que nous pla-çons ici :
« Cent volumes in-folio, format d’atlas. Traitédu Mariage, dont le premier volume en contient lesagréments, et les quatre-vingt-dix-neuf autres les
1. Il est vraisemblable que ce pauvre diable de Caron n’eut ja-mais à lui qu’un petit nombre de livres, et certainement d’une con-dition peu brillante. Le luxe des reliures devait lui être parfaite-ment inconnu. Il avait adopté une sentence qu’il écrivait au feuilletde garde de ses bouquins, et dans laquelle il jouait sur son nom :
M’avoir pour me lire;
Car on s’instruit ainsi.