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Tome I.
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Election? de. Ponte ise & de Compiègne. On lui donne qua-torze lieues de long , fur sept de large. Les rivières les plusconsidérables qui l'arrosent, font le grand Sc le petit Thérain& la Bresche.

BEAUVAIS, chef-lieu de cette Election , est situé fur legrand Thérain , à 16 lieues de Paris , au 19.. deg. 45 tnin.de longitude , & an 49e. dég. iG minut. de latitude septen-trionale. Cette Ville est fort ancienne ; elle avoir mêmequelque réputation dès le tems de César. Son Evêque est pre-mier Comte & Tair Ecclésiastique , & le Bailliage lui appar-tient. On trouve deux Fils de France parmi ceux qui ontgouverné cette Eglise : au commencement du XI e . siècle ,Roger , qui étoit astis fur son siège, & en même-tems Comtede Beauvaís , unit ce Comté à la Manse épiscopale.

On dit communément , Nef t? Amie n s & Chœur de Beau-vais ; c’est , sans doute , parce que ce chœur est d’une bellearchitecture , ou parce qu’il semble demander une nef quil’égale. On y admire sur-tout le mausolée du Cardinal deForbin Janfon , exécuté en marbre blanc par les frères Couf-tou. Ce Cardinal y est à genoux & de grandeur naturelle. LaBibliothèque de cette Eglise renferme beaucoup de ri-chesses littéraires, tic fa sacristie a les plus belles chappes duRoyaume.

II y a dans Beauvais un Bailliage , un Présidial, un Gre-nier à sel, un Hôtel-Dieu, un Hôpital-général , plusieursParoisses , & aux enviions trois Abbayes d’hommes. La plusriche est celle de Saint-Lucien , de l’Ordre de Saint-Benoît.On voyoit autrefois des statues de vermeil dans les riches deson Eglise ; mais elles furent enlevées par les Anglois quiformoient le siège de la Ville. II restoit aux Religieux unestatue d’argent du Cardinal Jean Cholet ; on leur permit dela vendre , pour • réparer les pertes qti’iìs avoient essuyéespar le brigandage des guerres. Le tems & la fureur du soldatont épargné la statue de Saint-Benoît, qui n’est que de pierre& plus grande que nature ; elle fait toujours l'objet de l’ad-rniration des Connoiíîeurs ; on assure même que les Curieuxviennent de fort loin pour la voir.

Les femmes de Beauvais ont donné autrefois des preuvesde leur courage. En 1471, Charles , Duc de Bourgogne , sepré! en ta devant leur V ille , avec Soooo hommes ; elles mar-chèrent contre lui avec beaucoup d’intrépidité, fous la con-duite de Jeanne LaisnéFouquet, Sc dissipèrent l’armée Bour-guignon. Cet héroïsme , que l'on a vu pratiquer ensuite sur