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Tome II.
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plus enrichi de sculpture très-bien exécutée , Sc à laquelle flne manque que le goût &le'dessin. Le côté du jardin est formépar des arcades , porte'es par de petites colonnes corinthien-nes , couplées de quatre pouces de diamètre , & d’une assezbelle proportion , très-bien travaillées & parfaitement con-servées. On voit dans un compte du Moine qui étoit Procu-reur de ce Monastère en ce tems-là, & que le Père Becquetacommuniqué , qu’il fut commencé le 8 août 1539 , & achevéen IJ50, que l’Entrepreneur fe nommoit Pierre Hannon ,Tailleur de pierre & Maçon, & que la dépense de ce bâti-ment monta à la somme de 10778 liv. 9 den. & qu’elle futfournie par la Communauté.

Vis-à-vis le réfectoire , est un lave-main de pierre de liai*ingénieusement composé. Le plan du petit bâtiment qui lerenferme , est circulaire & à pans. 11 est voûté en dôme , & lavoûte est soutenue par des colonnes, & terminée par unlantemin fermé par un vitrage d’une couleur de feu très-vive.

Dans le même cloître , auprès de la porte du chapitre, estun marbre noir , fur lequel on a tiré une ligne horizontale,laquelle , avec le secours d’une inscription Latine, qui est duPère Etienne Carneau y nous fait connoître jusqu’où alla ledébordement de la Seine, qui fit tomber une partie du Pont-Marie,

Anna 16$8 , mense februario , erundantis Sequance fluclushic aliquandihstagnantes mediamhujus quadri lineam attigêre.

Auprès de la porte qui conduit au grand escalier, on voitl’épitaphe d’Antoine Pere{ , l’un des principaux Ministres dePhilippe íí, Roi d’Espagne, qui ayant eu le malheur de tom-ber en la disgrâce de son Maître , se réfugia en France , où ilmourut au mois de novembre 1611.

Antoine Pere {, dont est question, fut accusé d’avoir révéléles secrets de l’Etar, d’avoir ajouté & retranché aux dépêchesqu’il déchissroit, & d’avoir fait assassiner Jean d’Escobedo ,Sécrétasse de Dom Juan d’Autriche ; ce fait étoit vrai, maisil avoit été ordonné par le Roi. Le crime qui rendoit AntoinePerez coupable aux yeux de Philippe II, fut celui dont cePrince n’osa jamais l’accuser. Ce Ministre jeune & aimablepartageoit avec le Roi son Maître , les faveurs d’Anne deMendoça de îaCerda, Princesse d’Eboli, & fa part étoitmime la plus flatteuse, car il en avoit le cœur. Philippe s’cn