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Les forêts : ouvrage illustré de 43 vignettes / par E. Lesbazeilles
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LES FORÊTS

vents, quel océan d'oxygène doit répandre dans l’espacel’ensemble des forêts de la terre !

Est-ce à dire que, si toutes les forêts, si toutes lesplantes venaient à périr, il nous faudrait nous éteindreaussitôt avec elles? Nullement. L’atmosphère contient unesi ample provision d’oxygène, que les hommes et les ani-maux pourraient encore respirer pendant des milliers etmême des centaines de milliers d’années avant de l’épui-ser. Au dire des savants, il faudrait qu’il se passât aumoins deux mille ans pour que l’analyse chimique pûtcommencer à saisir un changement appréciable dans lacomposition de l’air. Néanmoins l’équilibre de l’atmo-sphère, que les végétaux ne cessent d’entretenir, seraitrompu, la proportion de l’acide carbonique irait toujoursen augmentant, celle de l'oxygène toujours en diminuant,et l’arrêt de mort, à terme fixe, du règne animal seraitdès à présent prononcé.

Cette abondante provision d’oxygène dont notre atmo-sphère actuelle est heureusement pourvue, qui la lui afournie? Ce sont les forêts d’autrefois, dont nous retrou-vons les restes fossiles, sous forme de vastes et épaissescouches de houille, dans les profondeurs du sol, sur tousles points de la terre. Ces forêts étaient bien différentesde celles que nous voyons aujourd’hui. Elles se compo-saient de Fougères qui épanouissaient, comme des pal-miers, leur bouquet de grandes feuilles au sommet d’unetige élancée, de Calamites semblables pour la forme auxprèles de nos jours, mais de taille gigantesque, de Lyco-podes qui étaient des arbres, de Sigilluires hautes de40 mètres. Ces plantes, sans cesse arrosées par des pluiesdiluviennes, baignées dans une atmosphère humide, sa-turée de vapeur, et qui éteignait dans ses brumes leclatdu soleil pour n’en conserver que la chaleur 1 , se gon-

1. De nos jours, les Fougères et les Lycopodes redoutent lesrayons directs du soleil.