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LES FORÊTS
soleil ne parviennent à dégeler que la superficie du sol,dont les profondeurs restent glacées, les conditions de lavie de l’arbre font défaut, et il n’y a pas de forêts. Si quel-ques bouleaux, quelques saules se hasardent dans cetterégion désolée, ils ne se développent pas ; ils rampent, ilsse traînent, se tordent; à peine dépassent-ils l'humbletaille des mousses et des lichens qui les entourent.
Cette zone, vouée aux frimas et à la stérilité, est limitéepar une ligne onduleuse qui ne fait qu’effleurer lesommet de la Scandinavie entre le 70 e et le 71 e degré delatitude, mais coupe, au niveau du 68 e degré, tout le lit-toral de la Sibérie ainsi que celui de l’Amérique sep-tentrionale, pour descendre dans le Labrador jusqu’au58 e degré. Au-dessous de cette ligne, les forêts paraissent,et elles s’étendent sur toute la terre jusqu’aux extrémitésdes continents qui s’avancent vers le pôle antarctique,sans trop s’approcher de cet autre empire du froid et dela mort. Toutefois elles sont interrompues çà et là tantôtpar de vastes plaines herbeuses telles que les steppes dela Russie, les savanes des États-Unis, les pampas de laConfédération Argentine, les prairies de l’intérieur del’Australie, qui du moins verdissent et fleurissent un mo-ment, tantôt par d’arides déserts, calcinés par le soleil,desséchés et écorchés par les vents, sevrés de pluies,tels que l’immense Sahara africain, les sables et les ro-chers de l’Arabie, les interminables plateaux sablonneuxde la Perse et de la Mongolie chinoise, sortes de tacheslépreuses sur la face de notre terre.
Les forêts forment autour du globe des ceintures quiaugmentent de richesse et de variété à mesure qu’elless'éloignent des pôles et se rapprochent de l’équateur.Dans les froides régions du nord, en Scandinavie, enRussie, en Sibérie, dans l'Amérique anglaise, les Pinssylvestres, les Sapins, les Épicéas, les Mélèzes, serrés enmassifs uniformes et sévères, dressent fièrement dans unciel pâle leurs cimes pyramidales et leurs flèches aiguës ;