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LUS FORÊTS
s’élèvent par l’effort et le mérite personnel. On ne sau-rait trop louer les propriétaires qui, au lieu de dépenserleur temps et leurs revenus dans les grandes villes, aumilieu de plaisirs stériles, se sont consacrés au salut decette contrée. Nous connaissons tel d’entre eux qui, enquête d’une œuvre utile à accomplir, est venu de bienloin s'installer au milieu d'une vaste lande de plusieurscentaines d’hectares, y a planté sa maison, loin de toutvillage, de toute habitation, y a fait bâtir plusieurs loge-ments confortables pour des ouvriers et leurs familles,auxquels il a assuré un nombre fixe de journées de tra-vail : au bout de quinze ans, à travers bien des insuccèset des déceptions, causés soit par une extrême sécheresse,soit par un excès d’humidité, soit par des invasions d’in-sectes destructeurs des arbres, il a réussi à transformerun aride désert en une forêt naissante. Nous ne concevonspas quel emploi meilleur on pourrait faire de sa vie.
Ce que peuvent les arbres pour changer absolument laface d’un pays, on le voit encore dans les départementsde la Gironde et des Landes. La moitié occidentale dupremier, le second tout entier, sauf la partie sud-est, audessous de l’Adour, n’étaient naguère qu’un immense dé-sert, entrecoupé d’étangs et de marais, couvert de hautesbruyères, d’ajoncs, de genêts, de fougères, de touffes dejoncs et de carex. Le sol, composé d’une couche de sablesec et léger sur un banc continu de sable compact,aggloméré, ou plutôt de grès, ayant la couleur et la du-reté du fer, ne pouvait produire autre chose. En automneet en hiver, les pluies, tombant sur un terrain plat, ren-contrant bientôt un fond imperméable, ne s’écoulaientni ne s’absorbaient; elles s’amassaient et finissaient parsurmonter la surface de la terre, qui disparaissait sousune nappe d’eau s’étendant jusqu’à l’horizon. « 11 y apeu d’années encore, dit M. Elisée lteclus, les proprié-taires des landes ne s'occupaient aucunement d’assainirle sol, et le voyant alternativement inondé par les pluies