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LES FOllÈTS
sol humide et gras, au milieu des massifs ombreux de laforêt, mais parmi les arbres qui ont poussé dans unterrain sec, sur les lisières, ou bien isolément : le soleil,le grand air les ont fortifiés; leur libre est devenuemaigre et nerveuse; en luttant sans cesse contre lesvents, ils se sont préparés au choc des vagues, aux tem-pêtes qu’ils auront à affronter 1 .
Le Chêne a encore d’autres emplois : il donne despoutres pour toutes nos constructions, des traversespour les chemins de fer, des douves pour les cuves et lestonneaux, des bois de menuiserie et d’ébénisterie detoute sorte, des perches pour les galeries de mine, deséchalas pour la vigne, et, comme chacun sait, d’excel-lent bois de feu ; il se prête à tout, et en tout il excelle.Adopté par la sculpture au moyen âge, il nous atransmis des chefs-d’œuvre que le temps semble avoirachevés en les bronzant d’une sombre et chaude couleurbrune.
Le Hêtre, cet autre géant des forêts, joue dans l’in-dustrie un rôle plus modeste. Comme il se montre peurésistant, d’une élasticité médiocre, prompt à casser, onse défie de lui; on l’exclut des grands travaux; on 11el’admet qu’à de moindres besognes. Débité en menusmorceaux, en feuilles minces, on l’emploie à la fabri-
1. Malheureusement nos forêts, diminuées et appauvries, ne con-tiennent plus assez de grands chênes pour satisfaire aux besoins denotre marine. Un grand navire demande, seulement pour sa char-pente, une quantité énorme de bois, — en moyenne 6000 mètrescubes équarris, c’est-à-dire le double, 12 000 mètres cubes de boisbrut : c’est le produit annuel d’une forêt de 2400 hectares! La ma-rine militaire réclame annuellement, pour l’entretien de sa flotte,40 000 mètres cubes de bois équarri, et le domaine forestier del’Etat ne peut lui en donner que 10 000. Notre marine marchande,de son côté, en exige 00 000, que toutes les forêts des communes etdes particuliers, plus indigentes encore que celles de l’Etat, sontbien loin de pouvoir fournir. C'est hors de chez nous, et à grandsfrais, que noire coupable insouciance nous a condamnés à nouspourvoir. Et la Gaule était la vraie patrie du chêne !