LES FORÊTS
165
cation des meubles, des sabots, des manches d’outils,ou à de légers ouvrages de boissellerie.
Remarquablement élastique et tenace, le Frêne devaitêtre préféré à tous les autres arbres pour faire deséchelles, des brancards de voiture, des rames, desleviers, des chaises, des pieds de meubles. Le beau polidont il est susceptible le fait rechercher des tourneurs,des ébénistes, des armuriers.
Le Charme, très dur, lourd, d’un grain uni et serré,ne craint pas les plus fortes pressions. On le réservepour former des écrous, des roues d’engrenage, des pou-lies, des vis de pressoir. Il est en même temps le plusbrillant des bois de chauffage.
L’Orme, non moins dur, très compacte, est par excel-lence le bois des charrons. Entaillé en tous sens, iln’éclate dans aucun, même quand il est soumis à d’éner-giques pressions. Aussi est-il sans rival pour faire desmoyeux et des jantes de roues. Il fournit des poutres trèssolides. Pour le chauffage, il se place après le Charme,au même rang que le Chêne.
Le Châtaignier, à la fois léger et résistant, donned’excellente charpente pour les combles des grands édi-fices. Libre dans un air sec, à l'abri de la pluie, il seconserve très longtemps. Emprisonné dans la maçon-nerie, il pourrirait. Exploité en taillis, coupé tous lessept ou huit ans, il repousse indéfiniment de longuesgaules dont on fait des cercles pour les tonneaux et deslattes de treillage.
Les pilotis durables, les corps de pompe se demandentà l’Aune, ami des eaux. Les menuisiers recherchentl’Erable, les luthiers le Sycomore et le Tilleul, les bou-langers le Bouleau, dont le bois Lâche et tendre s’allumevite, flambe bien et chauffe rapidement leurs fours. Untissu fin, uni, serré, très dur, désigne spécialement lePoirier sauvage, le Cormier et le Buis au choix des sculp-teurs et des graveurs sur bois.