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Les forêts : ouvrage illustré de 43 vignettes / par E. Lesbazeilles
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LES FORÊTS

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où flamberont en pétillant des branches résineuses. Lesmurs n’ont d’autre ornement que des fusils, des cognées,des serpes symétriquement suspendus, auxquels s’ajou-teront quelques peaux de cerfs ou d’ours. Bientôt dessièges grossièrement façonnés et une table dont les piedsont conservé des restes de feuillage desséché, garnissentle logis. Des malles, des caisses, des sacs sont rangésdans les coins.

Quant aux chevaux et aux bestiaux, on ne s’occupe nide les loger ni de les nourrir. Plus tard, quand on enaura le loisir, on songera à leur construire une étable ouun simple hangar. Maintenant on se contente de leur at-tacher une clochette au cou, et on les lâche dans la forêt.Ils vont où ils veulent; jamais ils ne se perdent; leur in-stinct les retient aux environs.

L’habitation achevée et pourvue du mobilier stricte-ment nécessaire, le pionnier se hâte de défricher. Pouraller plus vite, il renonce à la hache, il met le feu auxarbres, ou bien il emploie un procédé plus expéditifencore : il pratique sur chaque tronc une profonde en-taille circulaire, pénétrant jusqu’au bois; la circulationde la sève se trouve arrêtée et l’arbre est frappé de mort.On peut alors semer du maïs sous la futaie; les cimes,dépouillées de feuillage comme en hiver, ne donnerontqu'une ombre légère qui n’empêchera pas la récolte demûrir. C’est le maïs qui, prospérant dans toutes les con-ditions, s’accommodant d’un sol abrité, encombré, hu-mide et même marécageux, sauve, durant la premièreannée, les émigrants de la famine.

Une des plus pénibles épreuves que ces exilés volon-taires aient à subir, c’est l’isolement complet où ils setrouvent tout à coup plongés. Aussi, quand un messagerinattendu survient parmi eux pour annoncer que tel jour,à tel endroit, un ministre méthodiste.célébrera l’office re-ligieux, avec quelle joie cette nouvelle est-elle accueillie!

À l’époque indiquée le pionnier, sa femme et ses enfants