LES FORÊTS
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jusqu’ici, car la Sierra Nevada, dans ses gorges inex-plorées, en cache peut-être d’autres qui ne leur sont pasinférieurs, — sont ceux des districts de Calaveras et deMariposa. Le premier de ces deux groupes se trouve à150 milles de San Francisco, dans une vallée élevée de4000 pieds au-dessus du niveau de la mer ; il se composed’environ 500 individus, dispersés parmi d’autres es-sences. Les plus grands, qui sont aussi les plus vieux,ont été pour la plupart endommagés, dans le cours d’uneexistence dix et vingt fois séculaire, soit par des incen-dies, qui ne peuvent être attribués qu’aux Indiens, soitpar les tempêtes ; les uns sont, dans la partie inférieurede leur tronc, profondément creusés et même entièrementperforés; d’autres ont perdu une partie de leur cime;quelques-uns ont été renversés et sont couchés sur lesol : c’est sur ces derniers que l’on est le mieux à mêmed’apprécier les dimensions extraordinaires des Welling-tonias.
L’un d’eux a été abattu par la main de l’homme. Onavait eu l’absurde idée de le sacrifier pour fabriquer avecle bois de ce géant des cannes et de menus objets de cu-riosité. Ce ne fut pas une petite entreprise. Cinq hommesy travaillèrent pendant vingt-cinq jours. Il fallait renoncerà se servir des cognées, qui ne faisaient qu’une besognedérisoire. On prit le parti de percer des trous dans lepied avec des tarières ; puis on scia successivement lesparties pleines, divisées par ces trous ; mais l’arbre, quoi-que entièrement coupé, demeurait toujours ferme sur sabase. On fut obligé de le soulever avec des coins en fer etde le battre avec un bélier pour le renverser. Ce séquoia,nommé le Gros Arbre, se voit encore ; la partie du troncrestée en terre a 90 pieds de tour; la surface en a étéaplanie et l’on y a élevé un kiosque, assez spacieux pourservir de salle de bal. Prés de là se trouve un tronçondu même arbre ; un homme de grande taille peut à peineen toucher le centre en levant le bras et en se dressant