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LES FORÊTS
seulement les uns des autres, et dont les religieuxmettent un jour et demi pour aller se faire visite ensuivant, dans un tronc d’arbre creusé en canot, les si-nuosités des cours d'eau.
Toutefois ces forêts ne sont pas partout égalementtouffues; elle varient d’aspect selon la nature du sol.Dans les parties basses, fréquemment inondées, ce sontles Palétuviers, les Mangliers, les Fougères arborescentes,les Bambous qui dominent. Derrière ce rideau plus oumoins dense et relativement peu élevé, se dresse unefutaie de Palmiers ; quelques essences feuillues s’vmêlent, mais, demeurant trois ou quatre mois sous l’eau,elles n’atteignent qu’une taille médiocre. Le sous-boisfait défaut. On n’aperçoit donc que des tiges nues dePalmiers, ne différant que par la taille, les unes mincescomme des roseaux, les autres formant de massivescolonnes, toutes enduites dans leur partie inférieured’une couche épaisse de limon séché ; pas une l.ianegrimpante, pas une seule fleur attirant et récréant leregard; par terre, entre les troncs, rien qu’un tapisde Lvcopodes et des touffes de Graminées rigides.
Là où le sol se relève, sur les collines et sur les pre-mières pentes des montagnes, la forêt prend un carac-tère de grandeur sévère et froide, de solennité impo-sante. Ce sont des colonnades sans fin d'arbres géants,assez largement espacés, supportant à plus de 100 piedsde hauteur un épais plafond de verdure qui interceptecomplètement les rayons du soleil. L’élévation totale decet édifice végétal, y compris le couronnement, peut êtreévaluée à 180 ou 200 pieds. Les troncs ont communémentde 25 à 50 pieds de circonférence ; les plus gros enmesurent 50 et 60. Il semble que ce ne soit pas encoreassez pour lui donner la solidité nécessaire, car beau-coup d’entre eux sont flanqués de contreforts saillantsqui doublent la largeur de leur base : ces contrefortslaissent entre eux des enfoncements profonds où parfois