LES FORl'TS
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s’entrechoquent et produisent un léger bruissement, unmurmure presque continuel. Leur croissance est d’unerapidité extraordinaire; en quelques jours on les voit s’al-longer de plusieurs pieds ; ils se ralentissent et mêmesubissent un temps d'arrêt durant les périodes sèches.La plus grande des espèces de Bambous développe dansle cours de trois à quatre mois sa gerbe de troncs mon-tant à 52 et même à 55 mètres ; puis les sécheresses sur-viennent et tout cet édifice végétal s’écroule, frappé demort, sur le sol. 11 y a des Bambous épineux, plus bas etqui forment des massifs inabordables.
C’est à ses jungles que l’Inde doit le grand nombre detigres dont elle est infestée. Ces animaux y vivent et s’ypropagent à l’abri des poursuites de l’homme; ils ensortent, surtout la nuit, pour aller se mettre en embus-cade aux abords des lieux habités, et même pour s’y in-troduire; pendant le jour, ils restent cachés dans leursrepaires. Vainement les villes et les villages s'entourentde hautes palissades et juchent leurs maisons sur des pi-lotis à huit ou dix mètres au-dessus du sol; vainementd’intrépides chasseurs réussissent à tuer quelques tigres(plusieurs centaines par an ; tel d’entre eux peut se van-ter de n’en avoir pas détruit à lui seul moins de 560) :les terribles carnassiers continuent à se multiplier et dé-ciment la population. Des documents officiels constatentque, de 1866 à 1872, c’est-à-dire en six ans, et seule-ment dans les provinces de Bombay, du Pendjab,d’Oudé, du Bengale et de la Birmanie anglaise, le nombred’individus dévorés ou morts à la suite de blessures a étéde 200 000 (sur lesquels 20 000 doivent être portés aucompte des serpents venimeux), ce qui fait une moyennede 55000 personnes par an; et l’on assure que, depuislors, cette moyenne a toujours été en s’élevant.
Parmi les productions végétales les plus curieuses del’Inde, il faut citer le Figuier Banyan et le Manglier, quise propagent en massifs continus de façon à constituer