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LES FORÊTS
sol et sont en état de se nourrir eux-mêmes, ils se dé-tachent de la plante mère. Les bois de Mangliers présententun étrange aspect, qui varie selon que la mer est hauteou basse : à marée haute, on voit une multitude de troncsrabougris couronnés d’un épais feuillage luisant commecelui du Laurier et s’élevant seulement de quelques mètres(de & à 8) au-dessus de la surface de l’eau; c’est une vé-ritable forêt marine. A marée basse, on aperçoit toutesles racines mises à découvert, formant des arcs-boutantsramifiés, des arcades enchevêtrées, plongeant par leurbout inférieur dans le limon de la plage et supportant àleur extrémité supérieure, au point où elles se réunissent,le tronc, qui se balance librement dans les airs. Chaquearbre, semblable à un vaisseau reposant sur plusieursancres, est assez fortement étayé pour résister au mou-vement des vagues 1 . Les Mangliers ne sont pas particu-liers à l’Inde; on les trouve répandus sur toutes les côtestropicales.
Il y a sur la frontière septentrionale de l'Ilindoustanune étroite région où tous les spécimens les plus inté-ressants de la flore indienne, rassemblés comme dans unmerveilleux jardin botanique, s’offrent aux yeux du voya-geur. Cette région longe la base et gravit les flancs de lachaîne de l’IIimalaya. Dans sa partie la plus basse, ellenous présente un sol plat, marécageux, revêtu d’uneexubérante végétation. C’est une suite ininterrompue dejungles et de forêts, baignant à souhait leurs racinesdans une eau qu’elles n’épuisent jamais, leur feuillagedans une atmosphère constamment saturée d’humidité.Un perpétuel brouillard enveloppe cette zone, qui portele nom de Teraï ; dans le milieu du jour, quand le soleily darde à pic ses rayons incandescents, on voit s’éleverdu sein de la terre de hautes colonnes de vapeur, qu’onprendrait pour des nuages de fumée : le soleil, qui les
t. Grisebacli, la Végétation du globe.