LES l’ORÊTS
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.... Salut, toi qu’en naissant l’homme aurait adoré!
Notre âge, qui se rue aux luttes convulsives,
Te voyant immobile, a douté que tu vives,
Et ne reconnaît plus en toi d’hôte sacré.
Ah! moi, je sens qu’une dîne est là sous ton écorce.
Tu n’as pas nos transports et nos désirs de feu ;
Mais tu rêves, profond et serein comme un dieu.
Ton immobilité repose sur ta force.
Salut! Un charme agit et s’échange entre nous.
Arbre, je suis peu fier de l’humaine nature.
Un esprit revêtu d’écorce et de verdure
Me semble aussi puissant que le nôtre et plus doux.
La science a porté sa lumière sous l’écorce des Chênes;elle nous y fait voir des fibres, des vaisseaux, de la sèvequi circule sous l’empire de lois physiques, mais nulletrace d’un dieu. Toutefois la vie qui anime l’arbre, quidétermine sa stature, sa forme, sa durée, reste un mys-tère, c’est-à-dire un abîme où l’imagination peut sedonner librement carrière, et en voyant tomber unebelle futaie sous la hache du bûcheron, il se trouveratoujours un rêveur pour dire avec un chagrin mêlé dedépit, comme le poète que nous avons déjà cité.
Prends ton vol, ô mon cœur! La terre n’a plus d’ombres,
Et les oiseaux du ciel, les rêves infinis,
Les blanches visions qui cherchent les lieux sombres,
Bientôt n’auront plus d’arbre où déposer leurs nids.
La terre se dépouille et perd ses sanctuaires ;
On chasse du vallon ses hôtes merveilleux.
Les dieux aimaient des bois les temples séculaires :
La hache a fait tomber les Chênes et les dieux'.
1. Dans la Mort d'un Chêne. Lire les trois pièces qui composentle Poème de VArhre. et aussi le poème d'IIernda.