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&: insensiblement il se forma des Poëtes comiques , que lesrécompenses & Pémulacion perfectionnoient de jour en jour.Les Pèlerins qui revenoient des Croisades, récitoient &chantoient publiquement dans les rues de Paris , des canti-ques qu’ils avoient composés durant leur voyage. Le peupleprit plaisir à les entendre ; & ils achetèrent un lieu commo-de , où ils pussent élever un Théâtre. Ils mirent en aà>n lesMystères de la Passion de Notre-Seigneur ; ils la représen-tèrent devant les Parisiens , qui assistoient à ce spectacle avectant d’affluence , que le Prévôt de Paris fut ob 1 ' é de l’inter-
dire. Les Pèlerins obtinrent bientôt une permission de conti-nuer leurs jeux , & achetèrent, à cet effet , l’Hôpital de laTrinité, où, fous le nom de Confrères de la Passion , ilsreprésentoient, tous les Dimanches & toutes les Fêtes, desMystères du Nouveau Testament.
Cet établissement fit un si grand bruit dans la Capitale ,que toutes les principales Villes de Province voulurent l’itni-ter. Cependant, comme on se lassa de voir représenter deschoses trop sérieuses , les Confrères mêlèrent à leurs canti-ques , des chants profanes , & joignirent des farces bouffonesaux Mystères sacrés. Ils s’allòcièrent avec le Prince des Sots *
* La Comédie a été pendant long-tems parmi noua un des organes dela politique, comme elle Lavoir été chev les Athéniens. La Courenga-geoit las Poètes comiques à traiter les matières concernant l’Etat, & àparler des circonstances où se trouvoit le Royaume, afin de disposer lepeuple à la levée des impôts 1 en le prévenant , Ranimant, & Réchauffantfur la justice & la nécessité des guerres qu’on entreprenois. On n'en rap-portera iciqu’un seul exemple.
Louis XII saisoit la guerre à Jules II, qui l’avoit indignement trompé,& qui de plus, eut l’audace de renouvelle t les extravagantes prétentionsde quelques-uns de ses Prédécesseurs fur le temporel des Rois : on repré-senta aux Halles à Paris, le mardi-gras 1 j 11 , une pièce, où ce fougueuxPontife étoit joué fous le nom de Prince áes Sot s, accompagné de hllrsSttct, qui vouloir se faire passer pour Eglise.
Mere Sotte,
La thiare en tête , vêtue des habits Pontificaux , k dessous habilléem Mère Sotte :
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Si deussai-jede mort mourir-,Ainsi qu’Abiron & Dathan ,