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francs. Tite-Live finit fa dissertation fur l’origine & Iepro-grès des représentations théâtrales à Rome , par dire qu’undivertissement, dont les commencemens avoient été peude chose , étoit dégénéré en des spectacles si somptueux,que les Royaumes les plus riches auroient eu peine à ensoutenir la dépense.
Quant aux beaux Arrs qui préparent les lieux de lascène des Spectacles , c'étoit une chose magnifique chez lesRomains. L'Architecture, après avoir formé ces lieux, le*ernbellissoit par le secours de la peinture & de la sculpture.Comme les Dieux habitent dans l'Olympe, les Rois dansles Palais, le Citoyen dans fa maison, & que le Berger estassis à sombre des bois, c’est aux Arts qu’il appartient dereprésenter toutes ces choses avec goût dans les endroitsdestinés aux Spectacles. Ovide ne pouvoir rendre le Palaisdu Soleil trop brillant, ni Milton, le Jardin d’Eden tropdélicieux ; maïs si cette magnificence est au-desius des for-ces des Rois, il faut avouer , d’un autre côté, que nos déco-rations font fort mesquines, & que nos lieux de Spectacles,donc les entrées ne ressemblent plus depuis une dixained’années à celle des prisons , osiroient une perspective desplus ignobles.
Nous avons à Paris trois Spectacles principaux, l’Opéra,la Comédie Françoise & la Comédie Italienne, à laquelleest annexé celui de l’Opéra-Comique; les autres, qui fontinférieurs , n’ont ni la dignité, ni le mérite , ni la majesté, nile caractère des deux premiers, ni l’agrément du troisième.Ces derniers font placés aux environs de la Ville, comme leColisée dans les Champs-Elisées, le Cirque Royal fur leBoulevard du midi, & le Waux-Hall du sieur Torré, furle Boulevard du nord; c’est le 'Waux-Hal! d’Eté; celuid’Hiver est à la Foire S. Germain. Les Spectacles dti peuplefont ceux de Niçoise , où font les grands Sauteurs & Dan-seurs de corde , où l’on représente aussi des petits Dramesannoncés extérieurement par des Parades, des jeux de Ma-rionnettes, des Loges d’Animaux, des Pièces de Méchaniques,des Cabinets curieux & singuliers. On distingue cependantfur le Boulevard du nord le Spectacle intitulé YAnibigu-Conûíjue , tenu par le Sieur Audinot , ancien Acteur de laComédie Italienne, où des Erfans représentent des petitsDrames avec beaucoup d’intelligence, & le Cabinet Physiquedu sieur Cornus, dont l’adresse & la magie amusante font lesplaisirs des meilleurs Compagnies de la Ville. On prépareencore fur le même Boulevard un Spectacle qui fera rendu