aimables. La conversation de la haute société fine, délicateet polie. L’ouvrier assez instruit vit tout entier dans le présent,oubliant facilement ses chagrins, ou s’en consolant par deschansons.
Paris a donné sujet à beaucoup de proverbes, nous allonsfaire place ici à quelques-uns.
Paris est le Paradis des femmes, le purgatoire deshommes, Venfer des chevaux. On trouve à Paris beaucoupd’occasions de se divertir, mais il faut beaucoup travailler.
Don Cosme écrivait à Bussy-Rabutin , exilé : Je vous souhaitetous les jours ce qu’une de vos amies dit être nécessaire à lafélicité d’un homme, Paris en ce monde et Paradis dans1 autre.
Prendre Paris pour Corbeil, se tromper grossièrement.Faire comme on fait à Paris laisser pleuvoir, ne jamaiss inquiéter. Il est riche à Paris jamais n’y a rien vendu.Qui a été à Paris , ferme sa porte. Il ne fait jamaismauvais temps pour retourner à Paris . Paris ne s’est pasfait en un jour. Les grands ouvrages ne s'achèvent qu’avecle temps.
L’histoire de Paris a été écrite mainte et mainte fois etcela se conçoit, on ne trouve peut être pas dans cette villeune rue qui ne rappelle quelque grand évènement de nosguerres civiles ou de nos révolutions; et quand on y entrepour la première fois, si l’on y admire les merveilles du présent,bn se préoccupe autant des traces du passé. Mais voici « l’ins-
* tant suprême, dit le Bibliophile Jacob , pour ramasser par les
* rues ce qu’il y a de souvenirs égarés, et pour garder reli-« gieusement sur le papier ce qui fut gravé sur la pierre.
« Les écrivains bâtissent plus solidement que les maçons. »On ignore quels furent, les premiers habitants de Paris , etun nuage épais couvre l’origine de notre capitale. Jules-César ,cinquante ans avant l’ère chrétienne, trouva dans l’île nomméemaintenant la Cité, une bourgade appelée par les GauloisLoutouhézi (habitation au milieu des eaux). Les Parisii,(hommes vaisseaux), l’un des soixante-quatre peuples de laconfédération Gauloise en avaient fait leur chef-lieu. Les tiersGaulois , adonnés à la navigation et à la pêche, habitaient unecité formée de huttes grossières où l’on abordait par deuxponts ; la Seine leur servait de fossés et de remparts. Cette
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