gèrent de les ceindre d’une clôture depuis la porte Saint- Denis jusqu’à la porte Saint-Honoré; ce faubourg se trouvajoint aux villages du Roule et de la Ville-l’Evêque. En mêmetemps la franchise de maîtrise, dont jouissaient les ouvriersdans la censive de l’abbaye Saint-Antoine, lit construire lagrande rue de ce faubourg et les rues adjacentes, qui, se réu-nissant bientôt aux villages de Popincourt et de Reuilly , for-mèrent un immense faubourg aussi commerçant qu'indus-trieux. L’archevêché qui était a Sens depuis l’établissement duChristianisme dans les Gaules , fut transféré à Paris en 1622.Pour la première fois on vit dans la capitale, des places pu-bliques décorées de statues, celle de Henri IV fut placée surle Pont-Neuf en 1614, celle de Louis XIII au milieu de laplace Royale en 1639; l’Oratoire de la rue Saint-Honoré futélevé et 'une société de savants l’occupa. Anne d'Autriche ,pour célébrer la naissance de Louis XtV lit construire le Val-de-Grdce, l’hôpital de la Pitié, celui des Incurables, l’hos-pice de la Maternité furent fondés à celte époque, et le palaisde la Cité, détruit en 1618 reconstruit sur les dessins de Jac-ques de Brosse. L’église de Saint-Roch, commencée alors, nefut achevée qu’en 1736; c’est aussi sous ce règne que le pont Saint Michel fut reconstruit et le théâtre de Bourgogne rendupublic.
Le grand Corneille , dans sa comédie du Menteur, nous adonné le tableau qu’offrait Paris en 1642 :
DORANTE.
Paris semble à mes yeux un pays de romans,
J’y croyais ce matin voir une île enchantée (Pile St-Louis).Je la laissai déserte et la trouve habitée.
Quelque Amphion nouveau, sans l’aide des maçons,
En superbes palais a changé ces buissons.
GÉRONTE.
Paris voit tous les jours de ces métamorphoses;
Dans tout le Pré-aux-Cleres tu verras mêmes choses,
Et l’univers entier ne peut rien voir d’égal
Aux superbes dehors du Palais-Cardinal (Palais-Royal).
Toute une ville entière, avec pompe bâtie,
Semble d’un vieux fossé par miracle sortie.
Les écrivains du temps peignent les raffinés d'honneur, les
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