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d’une ou de plusieurs plumes; leur veste ou justaucorps dé-passait la ceinture; leur haut-de-chausse, qui était très-bouf-fant, allait jusqu’aux genoux; la chaussure se composait desouliers carrés à leur extrémité et ornés au coude-pied delarges nœuds de ruban tendus horizontalement. Un manteaulong, nommé batandran , couvrait l’ensemble du costume. Lesfemmes avaient les cheveux frisés sur le front et fixés derrière :la tête. Elles nouaient leur esco/fion sous le menton en laissantflotter ses pointes ; une robe à larges manches retroussée des 'deux côtés laissait voir un jupon orné de broderies.
Quoique Louis XV n’aimât pas Paris , et que son antipathie j 1allât même jusqu’à lui faire faire de longs circuits pour éviter ]de le traverser, il le dota cependant de quelques beaux monu-ments, tels que l’Ècole-Militaire, l’Ecole de droit, le Garde-Meuble, la Monnaie, la Halle au blé; en 1757, la Petite-postefut établie et les lanternes remplacées par des réverbères. Cefut aussi sous Louis XV qu’eut lieu la première expositiondu Louvre ; le théâtre de l’Ambigu et le théâtre Nicolet furent \ ,fondés; on décora d’hôtels magnifiques les faubourgs Saint- !Honoré et Saint-Germain. En 1722 on commença le Palais- Bourbon , la nouvelle église Sainte-Geneviève fut élevée, laplace de la Concorde et sa colonnade bâties en 1754; la même j "année les Champs-Elysées furent replantés, en 1764 on posa fla première pierre delà Madeleine , en 1773l’Ecole decbirur- ■ vgie reproduisit les formes sévères de l’architecture antique. JLes portails de Saint-Eustache et de Saint-Sulpice embellirent sces monuments. Des inscriptions placées à l’angle des rues j <len 1728, instruisirent l’étranger de leurs noms. Les limites de | fParis comprenaient en 1726 une superficie de 3,919 ar- 1pents. ! S
Nous donnerons peu de détails sur les mœurs corrompues |de celte époque : c’est d’abord la Régence avec les orgies du ,jPalais-Royal qu’il nous faudrait décrire; le Parc-aux-Cerfs. rNous ne pouvons citer ici ces pages de notre histoire. r
Les modes changeaient chaque jour. « Une femme qui quitte ilParis pour aller passer six mois à la campagne, dit Montes- équieu dans les Lettres persanes, en revient aussi antique que i
si elle s'y était oubliée trente ans. Quelquefois les coiffures 1
montent insensiblement, et une révolution les fait descendre itout d’un coup. Il a été un temps que leur hauteur mettait le h évisage d’une femme au milieu d’elle-même; dans une autre, 3
c’étaient les pieds qui occupaient cette place : les talons fai- l
«aient un piédestal qui les tenaient en l’air.Les architectes