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II.
Après avoir pour ainsi dire sanctifié nos promenades en nousrendant d’abord aux églises, nous allons diriger nos pas versles palais ; lecteurs, nous voici en face :
I LE LOUVRE ET SA BIBLIOTHÈQUE.—Par droit d’ancien-neté, d’illustration et de magnificence, le Louvre est de tous| les palais de la capitale celui qui doit nous occuper le premier.
I Si l’on veut admettre l’opinion qui donne à la dénomina-tion du Louvre l’étymologie de lupra (louve), il faut conclureQue sur l’emplacement de la demeure de nos rois, était jadis,un simple rendez-vous de chasse. Pour nous, cette croyanceest d’autant mieux fondée, que les vieux historiens assurentQue le roi Dagobert logeait là ses chiens, ses chevaux et ses, piqueurs.
j Dès l’année 1204, date la fondation de la grosse tour duï Louvre, élevée par Philippe-Auguste , cette tour, célèbre dans! l’histoire, servit de prison à de grands personnages. Jean de Montfort , Charles le Mauvais y furent enfermés. Charles V dé-pensa, dit-on, cinquante mille livres à la rehausser et à enconstruire d’autres ; mais toutes ces tours disparurent sous lesrègnes de Charles IX , Henri III , Henri IV et Louis XIII , quicommencèrent à habiter le Louvre, grâce aux constructionsQu’ils y tirent exécuter.
A partir du règne de Louis XIV , le Louvre devint véritable-ment un palais hors ligne. François d’Orbay et Claude Per rault travaillèrent à ces embellissements. Claude est l’auteur<Je cette magnifique colonnade qui fait face à Saint-Germain-l’Auxerrois.
Le Louvre, tel que nous le voyons aujourd’hui, a été achevésous le règne de Napoléon III , qui s’est en tout conformé auxidées d’ornementation de Napoléon I ". Les principaux sta-giaires et ornemanistes du jour ont contribué à rendre cePalais une des merveilles de l’Europe.