70 LES I) E K MÈRES CARTOUCHES,
pour l'empêcher de gagner lléricourt, que les enne-mis étaient séparés en deux tronçons, incapables decombiner une action commune, chacun d’eux ayanten face de lui une force française très supérieure (t).
Mais Bourbaki reste complètement immobile dansla journée du 10 janvier. Le 11 et le 12, — alors queles minutes étaient si précieuses pour le salut na-tional, — il allait rester figé surplace. Les trois jour-nées qui suivirent Villerscxel se résument ainsi :pendant que Werder, obligé do décrire un demi-cercle pour venir se cramponner aux positions dela Lisaine, ne se donne pas un moment de répit,Bourbaki se croise les bras au centre du cercle,laissant l’ennemi défiler tranquillement... Or, nousavions vaincu à Villerscxel pour le devancer sur cespositions que nous lui livrons par trois jours d’inac-tion !
Oh ! les prétextes ne manquent pas ; les causesabondent : troupes fatiguées par la victoire môme,intendance mal faite, transports défectueux! Jugeonsces « défaites » d’après des témoins impartiaux,d’après môme les pessimistes. Le colonel Châtillon,commandant l’artillerie du 20“ corps, écrivait à la finde janvier au général Thoumas à Bordeaux une
(1) « En réalité, dit l'Historique du grand État-Major prussien,dans la matinée du 10 janvier, 3 corps français se trouvaient aussirapprochés de Belfort que les 3 divisions allemandes chargées decouvrir le siège de la place située entièrement sur leur flanc(2° partie, p. 1 007). »