AUTOUR DE BESANÇON.
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M. de Freycinet, atterré par cette dépêche, latransmet le 25 janvier à Gambetta qui était à Laval,auprès de Chanzy, en l’accompagnant de trop justescommentaires :
« Je vous envoie en communication une dépêchede Bourbaki, dont le général Chanzy pourra vousdonner la traduction.
« La situation dans l’Est est très grave, beaucoupplus grave que je ne pensais. Tous ces jours-ci j’avaisreçu de Bourbaki des dépêches émollientes qui neme satisfaisaient pas. Sommé par moi de sortir deson immobilité et de suivre un plan quelconque, ilme dévoile aujourd’hui une armée profondémentdémoralisée, sous un chef plus démoralisé encore.Ce ne sont que troupes qui se replient, que positionsabandonnées, qu’ordres inexécutés. Qu’a-t-il doncfait de son commandement? Ah! je retrouve bienl’homme que je soupçonnais, c’est-à-dire le chefplein de bravoure sur le champ de bataille, maissans énergie, sans suite, sans conviction hors ducombat !
« Il dirige son armée sur l’ontarlier, c’est-à-direen Suisse! il n’a plus confiance en ses troupes! Enun mot, pour employer une expression vulgaire,il jette le manche après la cognée.
« Je n’ai point l’autorité suffisante pour résoudrede telles difficultés ; je vous prie de me donner vosinstructions. — G. de Freycinet. »