LA DEUXIÈME ÉTAPE DE LA RETRAITE. 213
avançaient toujours, entouraient une fraction de nostroupes — quinze cents hommes et deux pièces -—qui déposaient volontairement les armes sur la foide l’armistice (11.
Disons tout de suite que le 2 février, le général deManteuffei renvoya mille fusils au gouvernementsuisse pour les « restituer à pareil nombre de Françaisqui, croyant fermement à l’existence d'un armistice,ont cessé de se défendre au combat de Chaffois » (2).
Cette ostentation chevaleresque, — purementplatonique le jour où le baron de Manteuffei s estavisé d’afficher ces scrupules tardifs — nous tou-cherait si, dans les événements que ce premiermalentendu va engendrer, les ennemis n avaient pasau contraire profité de l’erreur de nos généraux avecune « adresse » étrangère à la chevalerie militaire.
La lettre que le général en chef avait écrite au gé-néral Thornton pendant le combat de Chaffois, étaitmotivée par les télégrammes suivants :
« Bordeaux , le 29 janvier 1871, 12//. 30 {midi 30).
(1) « L’ennemi profita de ce que le général Tliornton avait faitcesser le feu pour se lancer dans le village quïl occupa, en ne lais-sant a nos troupes que deux ou trois maisons, et en désarmant nossoldats. On protesta contre cette manière d'agir, contre cette prisede possession abusive. » Général Uorki.. Enquête sur les actes dugouvernement de la Défense nationale , t. VI, p. 231.
(2) n II répugne à mes sentiments militaires, écrivait Manteuffei,d en priver ces braves soldats qui, sur une supposition erronée, ontquitté le combat : aussi est-ce pour moi une satisfaction particu-lière que de les leur rendre, comme signe de l’estime que m’ainspirée l'héroïque résistance de l’armée française, n