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reproduire, à faire couper les ponts en arrière, pourforcer à la défense à outrance. »
Et quand Paris s’est rendu : a Si le suprême bonheurde sauver Paris nous échappe , écrit Chanzy à Gam-betta, je n'ai pas oublié qu après lui , il y a en-core la France , dont il faut sauver l'existence etl'honneur. »
Ges sentiments exprimés dans un tel langage etappuyés d’efforts surhumains, ne sont-ils pas la plusdure condamnation de Bourbaki? Ce malheureux n'aqu’une circonstance atténuante : son coup de pisto-let. Oui, son coup de pistolet;!... Sans doute des rai-sonneurs impitoyables auront beau jeu à démontrerqu’un tel acte est interdit à un général en chef ; quele désarroi qui en allait être l’inévitable conséquencenous fit perdre vingt-quatre heures d’un temps irré-parable ; que ce coup de désespoir devait avoir unerépercussion déplorable sur le moral des troupes...Il faut être plus humain... cette immense détressemorale appelle une immense pitié.
Et c’est dans une auréole d’indulgence et de misé-ricorde que Bourbaki apparaîtrait définitivementdans l’histoire, et sa grande infortune masqueraitpeut-être ses grandes fautes, si sa carrière se fûtterminée là.
Pour le malheur de cet homme, son coup de pis-tolet ne fut pas une abdication. La paix signée,nous le retrouvons commandant l’état de siège à