LES CAUSES UE LA CATASTROPHE.
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Rendant l’invasion, Napoléon sentant mollir sesmaréchaux leur jette un cri éloquent, hommagedésespéré à la Révolution : « Reprenez vos hottesde 92 ! » C’était facile à dire : mais la chaussuren’allait plus à leur pied.
Ceux-là seuls se sont retrouvés, Lien rares, quiavaient conservé dans une retraite fermée l 'espritcivique : tel Carnot redevenant à Anvers le soldat-citoyen du Comité de Salut public.
Ce beau cri n’était qu’un non-sens. En 1792, cen’est précisément qu’après l’élimination des chefslégués par le régime mort — même des plus sincèresdans leur conversion, —que, peu à peu, la poussée denouvelles couches a mis à la tète de la nation armée :Kléber, Iloche, Marceau, Ghampionnel et leur grandepléiade.
En 1871, si la France avait eu devant elle quelquesmois de plus, la sélection brutale des faits aurait,cette fois encore, produit les chefs nécessaires, —comme l’élimination ded’Aurelles de Paladines avait
sera absolument terminé. Combien de fois, au cours de cette cam-pagne, a-t-on pu croire que le dernier mol était dit! Nous avons euSedan. Nous avons eu Metz. Soudain, un facteur nouveau faisaitsurgir une situation nouvelle et remettait tout en question... »
Cette stupéfaction, cette colère, cette inquiétude de M. de Moltkene sont-elles pas le plus précieux témoignage pour notre génienational? Notre force et surtout notre volonté de résistance dépas-sent la compréhension de l'adversaire.
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