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exige de moy, que j’en informe très humblement Votre A. 8.Je sçay bien, Monseig’ ! que ie devrois être fort circonspectà cet égard, puisque V. A. 8. m’a Elle-même fait l’honneurde m’avertir l’année passée, que l’on s’estoit peiné de vouloirme rendre de mauvais offices en Cour, sur ce que le Cantonde Berne a voit pris des engagemens avec celuy de Zurichpour soutenir les gens du Toqquenburg et sur ce qu’on pré-tendoit, que j’y avois travaillé, et ie me doute bien encoreque quelques personnes se peineront à rendre suspect toutce que ie pourray dire sur ce sujet, veu ma Religion, et veuque ie suis de la Suisse Protestante : Mais Monsg' j’aime mieuxm’exposer à tous les raisonnemens, que mes ennemis pourroyentfaire, que de me taire à l’égard d’une chose, laquelle (sur lepied qu’elle est menée par le Ministre de 8. M. I. en Suisse)peut entraîner après soy des suites si désavantageuses ; Et ieme confie de telle manière à la justice et aux lumières deV. A. S., que ie m’assure, que lorsqu’Elle aura bien examinéle cas, dont il s’agit, Elle entrera dans toutes mes reflexionssur son sujet.
Déjà Monseig r lorsque V. A. 8. eût la bonté de m’avertir,que l’on m’accusoit en Cour sur cette affaire, j’eus l’honneurde luy faire voir dans ma réponce, que le Canton de Bernese pouvoit si peu dispenser de se joindre à celuy de Zurichpour le soutenir par rapport au Toqquenburg, que quandtous les Ministres des Puissances alliées ensemble se seroyentjoints pour le dissuader de cette jonction, Us n’auroyent faitque d’attirer de la défiance sur eux, sans pouvoir venir àbout de leurs desseins; Et icy les Ministres d'Angleterre etde Prusse, qui etoyent en Suisse, convinrent d’abord de lanécéssité de cette union, et agirent en conséquence.
Je n’entreray pas dans la discussion de tout ce qui regardecette matière, crainte de fatiguer V. A. 8. par la longueur