Band 
Zweiter Band.
Seite
161
JPEG-Download
 

161

fient depuis tant des Siècles dans une heureuse tranquilité,au milieu des agitations du reste de l’Europe: ce bonheurdis-je, auroit été moins durable, s’il eut été simplement lefruit de leur courage, et si leur sage conduite n’eut afiermipar l’union ce que la valeur avoit établi par les Armes.

Vous ne l’ignorés pas Magnifiques Seigneurs c’est cetteunion ferme et indissoluble, c'est ce concert unanime desvues et des volontés, qui après avoir cassé l’Ambition opi-niâtre de vos anciens ennemis à rendu votre Alliance respec-table à vos voysins, precieuse à vos Amis, et a tire vos An-cêtres de l’ordre des particuliers pour les elever au rangdes plus considérables Puissances de la terre.

Leurs Successeurs agissant par les mêmes principes, ren-fermés dans les justes bornes, que la nature, et l’équité ontprescrites à cet Etat, détachés des intérêts etrangers, oc-cupés du leur, constant dans leurs maximes, fideles à leurAlliances, et inaccessibles, à toutes les Chimères que l’am-bition, ou la crainte suggèrent à la fausse politique, ont per-pétué chés eux par la bonne foy, et par la concorde unetranquilité, que les autres nations n’ont jamais pû acquériravec tous les secours des rafinements, et vous ont transmisune puissance egalement formidable à la justice, et respec-table à la vertu.

Mais le dirai-je, M. 8 je vois avec douleur, que les res-sorts, qui composent cette heureuse harmonie semblent serelâcher de jour en jour: ce n’est plus cette tendre affec-tion, cette cordialité mutuelle, qui presidoit autre fois à vosconseils, et les Puissances étrangères, qu’une vraye et solideamitié n’interesse point à votre Gloire, semblent déjà de sepromettre de vos dispositions présentes la fin de votre union,et de votre intelligence. Vous ne le voyés que trop bienque ceux qui pour la Sainteté de leur Caractère devroient