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Vous le sçavez, et ils le savent comme vous. Yostre puis-sance, aussi bien que la leur, n’auroit jamais pu vous garan-tir du joug de Yos Ennemis mortels, si une union mutuelleet necessaire n’en avoit fait une digue propre à résister auxflots qui menaçoient sans cesse vostre chere liberté. Lestemps sont changez: mais les interests sont les mêmes, etil est mutile de vous repeter que dans le Corps politique,aussi bien que dans le Corps humain, la vigueur ne dépendque de l’étroite liaison des parties, et que l’assemblage n’enpeut jamais estre que défectueux lorsque quelqu’un desmembres qui composent le tout, se trouve malheureusementdétaché de la place ou il doit estre. Si les mouvemenspassez ont laissé parmy vous quelque semence de jalousie,qui vous divise de vos anciens confederez; fiez vous à laProvidence qui n’abandonne jamais ceux dont les intentionssont droites. Fiez vous à la justice de ces mêmes Confe-derez : fiez vous enfin à la tendresse d’un grand Roy vostreAmi commun, qui ne souffrira jamais que la puissance Hel-vétique soit affoiblie par la desunion, lorsqu’il ne tiendraqu’à ses soins paternel d’y remedier.
C’est ce que Sa Majesté m’ordonne de vous faire entendre,et je ne suis icy, en execution de ses ordres, que pour tra-vailler de concert avec vous, à l’accomplissement d’un des-sein si conforme à mes plus vives inclinations, et pour acheverde vous convaincre, M. 8. du zele inviolable qui m’attacheraéternellement à tous les interests d’une Nation si cherie duplus grand Monarque de la Terre.