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jet, que celui des acclamations dont vous avés fait vousmesme retentir vos autels.

Cependant le dirai-je, Magnifiques Seigneurs, un sentimentde douleur semble troubler en cet instant mesme la puretéde ma joie. Je ne puis songer au bonheur que j’ai mainte-nant de me trouver parmi Tous sans songer au momentprochain qui doit m’en séparer. Je sens, dis-je, combien cetéloignement me serait insupportable, s’il fallait me résoudreà perdre de veiie une Nation qui m’est si obere , et si l’in-terest de tout vôtre Louable Corps ne formoit pas une liai-son necessaire entre le Ministère que je quitte, et celui queje vais remplir.

Tous les Princes que la Religion inspire et que la sainePolitique éclaire doivent regarder vostre conservation dumesme oeil dont le Roy mon Maistre a toujours regardé vosavantages et vostre félicité. Les bienfaits de Sa Majestéseroient perdus pour Elle, s’ils estaient perdus pour vous,et vôtre affoiblissement ne seroil pas moins funeste à tousvos voisins, que prejudiciable a un si fidèle Allié. Pour as-surer votre puissance sur des fondemens inébranlables, saMajesté a crû devoir réunir vos forces en réunissant voscœurs. Elle a crû ne pouvoir mieux entrer dans les veiiesde la Providence, qui des differens Etats dont vous estesformés, ne faisoit autrefois qu’une même Patrie, et pourainsi dire une même famille, qu’en réveillant en vous ce memeesprit d’union si favorable à vos glorieux Ancestres. Dieuqui est l'autheur de la Paix, ne laissera pas son ouvrageimparfait, et une entreprise si juste et si saintement com-mencée ne peut estre confiée à une main plus sure qu’a celledu plus juste et du plus pieux de tous les Monarques.

Réunissons nos vœux, Magnifiques Seigneurs pour la duréed’une vie si utile à notre commun bonheur. Sujets, Alliés,