Band 
Zweiter Band.
Seite
303
JPEG-Download
 

aux Bernois quand il s’agit de faire la guerre. Ils ont d’ail-leurs grand sujet de craindre que ce pays ne tombe enfinsous la domination de ces derniers ce qui leur seroit degrandes incomodités, tant par rapport au commerce des vinsque par la situation de ce pays.

On ne manque pas de gens capables de leur faire ouvrirles yeux, M r le Marquis de Beretti travaille à Lucerne etM r d’Affry répond de son Canton, et le Comte du Luc estasseuré de Soleure; il ne reste que Berne qui sera toujoursobligé d’acquiescer au jugement des trois autres la Loy obli-geant au plus.

Il ne faut pas douter que ce Tribunal ne jugeât en faveurde ce Prince, puisque outre le droit de l’équité qui se fontvoir à découvert dans cette cause, les Catholiques dont lessuffrages prévaudroient, y trouveroient un beau moyen d’af-foiblir les Bernois, en leur otant un allié que la reconnois-sance et l’interest uniroient inséparablement à ces Cantons.

Dun autre coté, Berne ne pourroit ni empêcher ni s’eslevercontre un acte de Justice, fait dans les réglés et auquel ilauroit part malgré le chagrin qu’il en eut puisqu’il y auroitassisté par ses Députés et les Catholiques à qui cette Con-joncture fournirait l'occasion legitime de s’assembler, s’enserviraient à prendre entre eux des mesures justes pour segarantir d’une Puissance qui cherche de les accabler.

Il n’est besoin pour y réussir ni de trouppes ni d’argentétant certain que les Neuchatellois dans la disposition ouchacun sait qu’ils sont aujourdhuy feront tout ce qu’on sou-haitera pour secouer un joug qu’ils ne portent qu’avec unerépugnance extrême et qu’ils se féliciteraient de pouvoir re-tourner sous la domination Françoise, seule capable de lesrendre heureux.