La Cour ne doit pas craindre de mécontenter celle deBerlin 8. M. ne pouvant empescher ses sujets et particulière-ment un Prince de son sang de chercher les moyens legi-times de se faire raison d’une usurpation si manifeste, le Royne faisant d’ailleurs aucune démarche que sous main en faveurde ce Prince.
Ce Prince en possession de Neufchatel reclameroit alorsles terres de cette Principauté qui en ont été démembrésoffrant de rembourser la Somme pour laquelle cette partiede ces Etats fut aliénée, comme il est expressément stipulédans les actes de Yendition qui existent actuellement. CesTerres sont la Comté d’Arherg et de Nydau, le Raillage deCerlier, celui de l’isle de St. Jean, d’Orbe, de Clepan et unebonne partie du Pays de Yaud. C’est pour éviter une sifâcheuse restitution que cette République a si fort traverséles prétentions des François et particulièrement de feu M rle Prince de Conti, qu’elle scavoit etre résolu de reunir àcette Principauté les biens qui avoient été frauduleusementaliénées et ce n’est qu’en renonçant à ce droit que l’Electeurde Brandebourg a scu les chauffer si fort pour ses intérêts,
De deux choses l’une, ou les Bernois les rendroient debonne grâce (ce qui les affoibliroit ainsi qu’on se le seroitproposé) ou ils refuseroient comme il n’en faut pas douter,de faire raison au Prince de Neufchatel qui en ce cas sejoindroit aux Catholiques et s’empareroit du Pays de Yauden dedomagement de Terres qu’on lui détient injustement,outre qu’il a un droit legitime sur une partie du meme pays.
La chose seroit d’autant plus facile, que les habitants dece Pays ne cherchent qu’une occasion de secouer le joug,ce qui seroit déjà arrivé s’ils avoient scu à qui se donner,la manière dure ou plustot tyranique dont ces peuples sontgouvernés, l’application sans relâche de leur Souverain de