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les ruiner pour leur oter les moyens de révolté, le méprisqu’on leur fait sentir dans toutes les occasions leur ayantfait naitre depuis long tems l’envie de changer de maître.
La seule difficulté d'en trouver un qui leur convient lesà retenu jusques à présent, ils auroient de l’inclination pourle Duc de Savoye, mais ils craignent egalement le renverse-ment de leur Religion et de leurs Privilèges sous un Princequ’ils ne jugent pas trop religieux observateur de sa parole;ils souhaiteroient un Souverain dont ils fissent la seule puis-sance et qui leur fut redevable de son élévation qu’ils pus-sent obliger de conserver leurs immunités et leurs franchisess’il pretendoit s’en escarter.
11 n’y a donc qu’un Prince du Sang Souverain de Neuf-chatel qui pourvoit leur convenir et qui fut en état d’exe-cuter cette entreprise en se servant de l’occasion de la Guerrede Suisse.
On ne conçoit pas d’abord les avantages qui en peuventî evenir à la France, ils sont très considérables. Ses fron-tières du coté de la franche Comté seroient en Seurté eton n’auroit jamais rien à craindre pour le passage des Alle-mands. Le Roy deviendroit formidable aux Suisses, qui se-roient obligés de le servir pour avoir sa protection et sabienveillance sans qu’il fut besoin de leur payer aucune pen-sion, par là ils deviendroient moins chers et on epargneroitdes sommes considérables. Le Pays de Yaud étant à un PrinceFrançois, le Roy tiendroit en respect le Duc de Savoye etpourvoit tirer de cette nouvelle Province vingt mille hommesqu’il lui opposeroit au besoin et auxquels il comanderoitcomme à ses propres sujets.
Enfin il n’auroit plus à ménager le Corps helvétique dansdes Conjonctures ou il en coûte tant de le conserver im-