LAC MAJEUR.
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avaient été dressés sur le passage de Sa Majesté.L’apparition de l’isola Bella, illuminée, offrait lesoir un merveilleux coup d’œil. Les transparentset les décorations de théâtre allaient fort bien àcette île symétrique, tourmentée, et les roses deSanquirico (1) y semblaient plus naturelles que lesroses du printemps. Cette scène de nuit était infi-niment supérieure à la pompe des harangues etdes réceptions du matin. Une multitude de barquesilluminées, ayant la forme de dragons ou de tem-ples avec des colonnes corinthiennes ornées defeuillage, se pressaient autour de l'ile en feu, etl’enthousiasme des Milanais pour ce genre de plai-sir était à son comble. Malheureusement le mau-vais temps vint déranger cette fête, et la nuit s’a-cheva au milieu d’un orage perpétuel ; on eût ditque les vastes éclairs, que les vieux tonnerres desAlpes, s’indignaient contre les feux de joie et con-tre les nouvelles clartés qui troublaient leur soli-tude etsemblaientparodicrleurmajesté : les éclairsrépondaient aux fusées, les tonnerres aux pétards;et ce contraste qui dut contrarier les personnes entoilette, ajoutaitencore à l’effet curieux du spectacle.La fin de la partie ne répondit point au commence-
(!) Peintre célèbre des décorations de la Scala.