113 ÉPOQUE DU VOYAGE U’iTAUE.
n’est plus qu’une espèce de gros reptile qui lesserre, tortueux et noir. Les orangers seuls sem-blent chargés de faire les honneurs du pays, etde rappeler quelques-uns de ses charmes; maismalgré la beauté de leurs fruits, il n’y en a pasautant que l’imagination se le figure, et ils ne sontpas réellement plus hauts que nos orangers deVersailles et des Tuileries. Lorsque je quittais or-dinairement l’Italie vers la fin de l’année, et leplus souvent par un temps affreux, tandis que lafoule des étrangers s’y rendait dans d’élégantséquipages, je songeais avec peine, dans ma ten-dresse pour elle, à la première impression que cesétrangers devaient en recevoir; j’étais tenté deleur crier au milieu du chemin que ce n’était paslà l’Italie, la véritable Italie : les pauvres femmesde chambre anglaises, exposées inhumainementsur les sièges de devant et de derrière, m’inspi-raient surtout une vraie pitié; elles avaient luprobablement les Mystères d’Udolphc, dans les-quels se trouve, parmi tant d’horreurs, une siriante description de l’Italie au printemps, et ellesdevaient éprouver en la voyant ainsi un triste mé-compte. Mais si la nature a perdu son éclat, les mo-numenlsde l’art ne sont guère plus reconnaissables;