70 GUERRE SUR LES COMMUNICATIONS ALLEMANDES.
Le général Carabriels, dans ces circonstances, résolutde se replier sur les défilés de la Haute-Saône à Lure etFaucogney, où sa position serait moins en l’air et moinsexposée. La retraite sur Belfort avait été de prime abordécartée, par suite d’une dépêche du ministre de la guerre,qui prescrivait au général en chef de s’établir derrière laSaône, s’il était forcé d’abandonner les Vosges. A Belfort,d’ailleurs, on eût été privé de moyens de communicationsavec le reste de la France, et c’eût été marcher à l’en-contre du but assigné aux corps rassemblés dans les Vos-ges. En outre, les ressources de Belfort n’auraient pusuffire.
Besançon remplissaitmieux les conditions exigées. Danscette place, les communications resteraient assurées avec lepays par le chemin de fer de la Bresse, en admettant mêmeque l’ennemi fit de grands progrès dans la vallée de laSaône.
Le général Gambriels voulait en outre éviter à tout prixde laisser enfermer dans les Vosges le noyau d’armée quicommençait seulement à se former.
Son intention première avait été, il est vrai, de tenterencore d’arrêter l’ennemi: il avait donné l’ordre au géné-ral Grouzat, qui commandait alors à Belfort, de 1 ui envoyerdans ce but toutes les troupes dont il pourrait disposer 1 ;
1. « En prévision d’opérations sérieuses dans les Vosges, j’avais reçu, vers« le 10 octobre, du général Cambriels, l’ordre d’aller le rejoindre par les voies« ferrées avec le général Thornton, le 7° chasseurs et la batterie Paris. Le ba-il laillon du 85 e , les mobiles du Haut-Ithin et de la Haute-Saône se mettaient« en route en même temps par la voie de terre. Le quartier général était à« Laveline-du-Houx au-dessus de Docelles.
« Le général Cambriels était en tournée aux avant-postes à mon arrivée; il« ne rentra que le soir profondément découragé à la suite de ce qu’il avait vu;n il pleuvait à verse depuis plusieurs jours et plusieurs nuits; les hommes« n’ayant pas de cartouchières, leurs munitions étaient trempées et hors de