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La guerre sur les communications allemandes en 1870 : première campagne de l'Est; campagne de Bourgogne / J.-B. Dumas
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PREMIÈRE CAMPAGNE DE L’EST. 115

taient là des conditions qui rendaient bien difficile demarcher à l’ennemi. Aussi croyait-on devoir y renoncerBesançon, ainsi réduit à ses propres ressources, élar-

1. Rapport du général commandant la place de Langres an commandant su-périeur de la région de l'Est. — 29 octobre. — (Extraits.)

» La garnison s’est sans cesse modifiée jusqu’à cette date. Langres n’a étéqu’on lieu de passage, où les troupes sont venues s'armer et se ravitailler.C’est ainsi que le 50° a tout envoyé à ses bataillons de guerre. Le bataillonde la Meurthe, ceux des Vosges, les dépôts des 10 e et 13 e de ligne s’y sontorganisés et sont partis. Il y a en ce moment 15,000 hommes à Langres. Il ena en outre passé 8,000 qui ont quitté la place. Ils ont anéanti toutes les res-sources qu’on pouvait trouver dans le pays. La place est dans le dénuement etsa situation est très fâcheuse.

« 35 cartouches par fusil ont été distribuées à plus de 20,000 gardes natio-naux sédentaires.

« Les cartouches pour fusils se chargeant par la culasse sont en quantitéabsolument insuffisante ; il en est de même pour les munitions d’artillerie etnous n’avons pas de fusées.

« Les 3 bataillons de la Savoie et celui du Gard ont des armes en très mau-vais état, qu’on répare lentement, faute de ressources, plus du tiers est à pis-ton. Ce sont de mauvaises conditions pour marcher à l’ennemi.

« Artillerie. — Les pièces sur les remparts sont en quantité suffisante, maisnous n’avons aucune pièce mobile. On a réussi à former 306 artilleurs.

« Infanterie. — Le 50 e , le 10 e , le 13 e de ligne ont des cadres passables,mais des soldats non formés, cependant on ne peut guère compter que sur cestroupes, soit environ 2,000 jeunes soldats sans campements et sans havresacs.

« Les régiments de mobiles ont des cadres insuffisants. Us manquent de tout,n'ont que des blouses et pas de rechange.

« Les 3 légions de mobilisés s’exercent à peine depuis 8 jours et 1,000 hommesà peine sont armés. Ils ne seront bons à rien avant un mois.

« La Haute-Marne touche de trois côtés aux départements envahis et l’ennemiparcourt le nord du département. Trois routes conduisent sur Chaumont, deBar-sur-Seine, Saint-Dizier, jNeufehâtean. La 2° légion mobilisée les garde et leGomitè militaire entreprend des travaux. 1 bataillon do mobiles à Montignygarde la route de Bourbonne à Chanmont.

« Tout le reste est à Langres ou aux environs, soit environ 12,000 hommesdont 3,000 mobilisés. Le bataillon dn Gard et les dépôts de la Haute-Marne,des Vosges, de la Meurthe, ne peuvent compter comme disponibles, ils ne sontpas instruits. Il reste donc 9,000 hommes pour Langres et ses abords. L’exté-rieur de la place (forts et ouvrages) exige 5,600 hommes. Il faut encore sur-veiller Chalindrey. La place et la citadelle exigent 3,000 hommes. Il reste~,500 hommes pour une sortie et encore ne pourraient-ils rester que 2 joursà cause de leur dénuement. »