114 GUERRE SUR LES COMMUNICATIONS ALLEMANDES.
Belfort, sous le coup d’un complet investissement àcourt délai, déployait toute son activité à parfaire les élé-ments de défense qui allaient lui permettre une glorieuserésistance 1 .
Quant à Langres, sa garnison, sans cesse modifiée parde continuels rappels de troupes, n’était nullement en étalde fournir un détachement capable de marchera l’ennemi.Jusqu’à cette date, la ville n’avait constitué en quelquesorte qu’un lieu de passage, où les hommes venaient s’ar-mer, s’équiper et se ravitailler ; 8,000 hommes avaient ainsisuccessivement traversé la place, dont ils avaient, en grandepartie, épuisé les ressources. Langres comptait, il est vrai,à celte date, un effectif rationnaire d’environ 15,000 hom-mes. Mais sur ce chiffre 12,000 hommes environ, dont3,000 mobilisés, pouvaient seuls être considérés comme àpeu près en état de porter les armes. La défense de laplace et de ses abords, la surveillance du point importantde Chalindrey, absorbaient environ 9,000 hommes. C’étaitdonc seulement 2,500 hommes qu’on pouvait employer àune sortie. Encore était-il nécessaire de considérer queleur équipement défectueux, leur habillement insuffisant,leur dénuement, pour tout dire, s’opposait entièrement àce qu’on les détachât au dehors d’une façon sérieuse. On nedisposait d’ailleurs d’aucune batterie de campagne. Seulesles bouches à feu destinées à garnir les remparts étaienten quantité suffisante. L’armement portatif était égalementdéfectueux; plus du tiers des fusils étaient des armes àpiston; le tout était en très mauvais état et, faute de res-sources, les réparations n’avançaient que lentement. C’é-
1. Belfort compte, au 28 octobre, 14,360 hommes, et 1,235 francs-tireursdétachés. La place fut investie le 4 novembre.