PREMIÈRE CAMPAGNE DE L’EST. 119
Les événements, toutefois, allaient se précipiter, ils nedevaient pas permettre l’exécution de ce plan.
Metz venait de capituler et le commandant par inté-rim de l’armée de l’Est, aussitôt informé de cette grave
en conséquence au général commandant à Besançon, avec lequel je vous priede vous entendre. »
Question des ponts sur le Doubs.
31 octobre. — Le général Crouzat au directeur des fortifications:
« J’apprends que vous avez pris des dispositions pour faire sauter tous lesponts du Doubs. On peut croire en effet que cette mesure deviendra néces-saire un jour ou l’autre et je vous approuve d’avoir pris vos dispositions pourl’exécuter le cas échéant.
« Toutefois ne détruisez aucun pont sans que j'aie été auparavant in-formé ».
l 8t novembre. — Le directeur du génie au commandant supérieur parintérim :
« J’ai reçu samedi du général de division (de Prémonville) l’ordre de prendredans le plus bref délai toutes les mesures nécessaires pour couper ou fairesauter .tous les ponts existants sur le Doubs, à l’exception du pont de Dole quisera miné et prêt à sauter au premier ordre.
« J’ai obéi, bien que cette mesure me paraisse valoir la peine d’être discutéeen Conseil de défense.
« Je pense qu’il est encore temps d’en suspendre les effets. J’en réfère au
général de division. Veuillez, mon général, insister de votre côté.
J’envoie à mes officiers l’ordre de ne pas mettre immédiatement le feu auxfourneaux.
(Et en note: — Au colonel Varaigne. — « Écrivez immédiatement au généralde Prémonville que je m’oppose d’une manière absolue à ce qu’on fasse sautersans mon ordre formel aucun pont sur le Doubs. » — Signé: Crouzat.)
Observations du général Thoyot, directeur du génie.
« La mesure est détestable ; cela n’empêchera pas l'ennemi de passer. Il esttrès important de ne pas ruiner ainsi les communications utiles et surtout lescommunications entre les places fortes.
Réponse du général de Prémonville.
“ Ce n’est pas seulement pour barrer le passage à l’ennemi, chose très impor-tante, mais aussi pour empêcher les ravitaillements des Allemands. Quantitéde pourvoyeurs. Bétail très abondant. Donc détruire tous les ponts et nonquelques-uns seulement.
Même date. — Ordre du Ministre. « Ne pas multiplier les ruines sans uneabsolue nécessité. Attendre au dernier moment. »