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La guerre sur les communications allemandes en 1870 : première campagne de l'Est; campagne de Bourgogne / J.-B. Dumas
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120 GUERRE SUR LES COMMUNICATIONS ALLEMANDES.

nouvelle, prenait la résolution d’attendre l’arrivéegénéral Michel avant de tenter aucun mouvementfensif

du

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1. « Les débuts de cette offensive n’étaient plus qu’une question de jours,

« au moment où la gauche du prince Frédéric-Charles, devenue disponible« par suite de la capitulation de Metz, fut dirigée vers le plateau de Langues« en se faisant précéder du bruit que cette armée venait pour appuyer Werder« et marcher sur Lyon. Ce fut en réalité la capitulation de Metz qui paralysa« l’armée de l’Est au moment où elle se préparait à marcher snr Gray et à« s’engager contre Werder de concert avec les forces venant de Langues et de« Chagny. Elle avait, nous en ressentions tous l’intime conviction, des chances« sérieuses de snccès.

« Nous voyions alors se reproduire la situation que nous avait faite la capi-« tulation de Strasbourg, lorsque les premiers éléments de cette armée de« l’Est, sur le point de marcher avec des forces respectables vers leur pre-« mier objectif, le viaduc de Lützelbourg, se trouvèrent aux prises avec l’avant-« garde de Degenfeld. On était devancé par les événements. Ce fut pendant« six semaines une lutte désespérée, pour organiser, sans cadres et avec des« moyens insuffisants, de braves gens qui ne demandaient pas mieux que de« marcher et de se battre, mais qui souhaitaient savoir comment ils devaient« s’y prendre pour que leur dévouement servît à quelque chose. Les événe-« ments nous devancèrent deux fois, de quelques jours seulement, par suite de« capitulations de places fortes et ceux qui méconnaissent ce principe qu'm« retard d’un jour dans une capitulation peut avoir une influence prépon-« dérante sur les événements d’une campagne, ne se rendent pas compte des« angoisses avec lesquelles nous soutenions la lutte.

« Nous faisions — la comparaison m’en est bien souvent venue à l’esprit« pendant ce rigoureux hiver •— des efforts désespérés pour durcir une boule« de neige en la comprimant dans nos mains avant de la jeter au visage de« notre adversaire, mais nous n’en avions jamais le temps ; le dégel nous de-« vançait.

« Ah ! que ceux qui nous accusèrent plus tard d’avoir fait commander des« divisions et des brigades par des chefs insuffisants ne venaient-ils se joindre« à nous !

« Nous aurions été trop heureux d’utiliser leur concours ou de leur prêter« le nôtre ; car nous ne cessions de demander des cadres par tous les moyens« possibles.

« Le général Cambriels, blessé lui-même, luttait avec une mâle énergie pour« donner à toutes les bonnes volontés qui l’entouraient une direction sage.« utile au bien et à l’honneur du pays. Je crois qu’il aurait réussi si sa santé« avait pu résister à un écrasant labeur et si on avait pu lui donner les 8 ou« 10 officiers généraux ou supérieurs qu’il n’a cessé de demander. »

(Correspondance particulière. — Archives de l’auteur.)