128 GUERRE SUR LES COMMUNICATIONS ALLEMANDES.
adjoints au maire *, se rendait au quartier général badois,à Varois, et entamait les négociations. Une conventionétait conclue avec l’ennemi qui réglait les clauses de l’oc-cupation de la ville. Dijon s’engageait à pourvoir aux be-soins d’un corps de 20,000 hommes et à garder une atti-tude pacifique. Un cautionnement de 500,000 francs devaitêtre versé dans les 48 heures en garantie de ces conditions.En échange, l’ennemi promettait de respecter les habitantset leurs propriétés.
Occupation de Dijon (31 octobre). — Le 31 octobre, envertu de cette convention, la division badoise entrait àDijon et s’y établissait militairement.
malgré le défaut de réserves, malgré l’espacement exagéré de leurs pointsd’appui.
L’opinion de Vadversaire, voilà leur bouclier.
L’adversaire ignore. — Qu’a-t-il devant lui?
Il est prudent, il est méthodique, il ne veut rien risquer.
Il semble qu’il soit aussi long d’arriver à savoir ce qu’on a en présence,quelles que soient les troupes, conscrits ou vétérans.
L’ennemi tâtonne toute la journée avant de savoir; hanté par les souvenirsdu premier Empire, il craint nos surprises et nos remises de main !
En un mot, un rideau, un masque quel qu’il soit, du bruit, de la fumée,un rien suffit à l’arrêter. Qu’en conclure ?
Qu’il faut en profiter. 11 y a là mieux et plus qu’une observation locale ouparticulière ; il y a la marque d'une race et la caractéristique d’un état d’esprit.
Le jeu de l’adversaire, le champ de bataille, c’est la nuit noire pendant de longuesheures. La Pythie ne consent à parler qu’après qu’on l’a longtemps harcelée.
Faisons donc notre champ démonstratif, notre champ défensif aussi faible,aussi grêle, aussi étendu que nous le voudrons, entant toutefois que nous luilaisserons la capacité de fixer la force adverse, en l’inquiétant, pour empêcherl’ennemi d’en disposer ailleurs. Employons-y un minimum de monde — il seratoujours assez fort pour durer quelques heures, puisque en 1870, un frontanalogue tenait toute une journée avec des troupes très inférieures.
« Massons nos forces du champ offensif en y consacrant tout notre monde, et« baissons la main quand nous verrons le moment de gagner la belle. » (Ma-réchal de Saxe.) L’offensive, dans ces conditions, doit nous réussir.
1. Le maire de Dijon était M. Dubois.