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La guerre sur les communications allemandes en 1870 : première campagne de l'Est; campagne de Bourgogne / J.-B. Dumas
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432 GUERRE SUR LES COMMUNICATIONS ALLEMANDES.

ner Besançon, où l’on ne devait laisser qu’une simple gar-nison de 45,000 hommes environ, s’éloigner de Belfortet des Vosges, cesser enfin d’inquiéter les communi-cations de l’ennemi, en un mot, lui donner confiance

pas retraité en bon ordre ; la plupart ont pris la fuite sans combattre et nesont pas encore ralliés complètement.

« 2° Besançon, La place est incapable avec l’artillerie actuelle de soutenir unsiège en règle sans l’appui d’une armée de 40,000 hommes au moins occupantle camp retranché. La place a une garnison de 10,000 hommes de qualité trèsinférieure. Le camp retranché est occupé par 22,000 hommes non éprouvés etqui n’ont qu’un commencement d’organisation. La défense est bien conçue;mais les lignes imposées par le terrain sont trop étendues. 11 faudrait20,000 hommes de plus.

« On signale dans la vallée de la Saône 30,000 Allemands environ; en Alsace,50,000 hommes sont annoncés avec Belfort, comme objectif ; mais l’investis-sement de Belfort peut très bien se faire avec moins, ce qui leur permettraitde diriger une grande partie de ce nombre sur moi.

« Il faut donc éviter tout mouvement en avant ou sur la gauche. Si on restesous Besançon,.on s’expose à une bataille dans des conditions peu favorables;en cas de défaite, les forces de l’Est seraient entièrement désorganisées; oubien laisser la ville se défendre avec sa garnison et prendre position soit entrele Doubs et la Loue, soit derrière la Loue. Alors si l’ennemi descend sur Lyon,il faut le suivre forcément pour éviter d’être immobilisé en hiver sur les pla-teaux du Jura.

« En somme, la position est critique : si on ne peut augmenter notre petitearmée, il y a peu à faire et il est fâcheux que des troupes aient été sépa-rées de nous et envoyées à Auxonne, Pontailter, Pesmes.

« En voulant garder les vallées riches, en négligeant les positions stra-tégiques, on sera bientôt hors d'état de défendre quoi que ce soit.

« On ue peut actuellement se jeter sur les colonnes ennemies ; on peutles harceler avec des francs-tireurs, leur tuer quelques hommes et c’esttout.

« J’ai vu le général Garibaldi, mais je vous serai bien reconnaissant de ne pastrop écouter ses demandes de troupes, car sa situation no comporte pas l’em-ploi de forces considérables. Il ne peut attaquer sérieusement personne et s’ilavait quelque chose à craindre, il serait forcé ou do se replier très loin ou des’appuyer sur moi. »

Et en note : — « M. de Freycinet est invité à prendre connaissance du rapportdu général Michel.

« Je le trouve fort lucide et je vous engage à lui répondre dans l’ordre d’idéesque nous avons examiné ensemble et qui aboutit à se retirer graduellementsur Lyon. » Signé : L. G. (Léon Gambetta).