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La guerre sur les communications allemandes en 1870 : première campagne de l'Est; campagne de Bourgogne / J.-B. Dumas
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PREMIÈRE CAMPA GM E DE L’EST.

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pour toutes ses entreprises 1 . C’était condamner d’avancela prochaine expédition de l’Est à devenir une aventuretragique, un désastre.

Le 4 novembre, le commandant supérieur devenait pluspressant encore. «Une armée nombreuse s’avance sur Lyon,« écrivait-il, et elle détache des forces puissantes sur Be-« sançon. Il est très probable que nous serons immobilisés« devant Besançon, ou acculés au Jura et à la Suisse. J’ai« donné des ordres pour que dès demain la direction de« Lyon soit prise par mes colonnes, car je puis loyalement« donner une certitude sur le tort qu’amènerait, pour l’ar-« mée de l’Est, mon immobilité ou ma résistance. Si vouà« voulez suspendre mon mouvement, donnez-moi des ordres« immédiats; si je n’ai pas reçu de nouveaux ordres avant«5 heures du matin demain, j’effectuerai mon mouvement.»

Il était évident que le général Michel n’entendait passupporter la responsabilité d’un séjour plus prolongé deson armée à Besançon 2 . Le délégué à la guerre s’empres-

1. I’ar la position que je vais prendre, je veux leur donner un « cul » ;vous m'entendez? (Xapoléon à Gouvion Saint-Cyr. 1813.)

2. Si sauvage que soit la nature de la guerre, elle se rattache à la chaîne desfaiblesses humaines et, par suite, la contradiction, qui se montre ici, qu’à la guerre,l’homme cherche et crée le danger et le redoute en même temps, n’étonnera per-sonne.

Alors que l’on étudie l’histoire des guerres, la grande généralité des cassemble tout d’abord prouver que l’action est l’état d’exception et l’inactionl’état foncier des armées en campagne;...

La première des causes en est la paralysie morale, qui naît de la timidité et del’indécision dans lesquelles la crainte de la responsabilité jette habituellementl’esprit humain dans les situations graves et les grands dangers Les natures ordi-naires ne se mouvant que difficilement dans l’ardent milieu de la guerre, plus lacampagne se prolonge et plus s’accentue la tendance aux temps d’arrêt. 11est rare que l’incitation du but à atteindre suffise à vaincre cette cause d'inertie,si bien qu’a moins qu’une grande autorité ne pousse à l’action ou que le com-mandement ne soit aux mains d’un général entreprenant et résolu qui se senteA la guerre dans son véritable élément, rester immobile devient la règle etagir est l’exception. (Clausewitz. Du Temps d'arrél.)